Robin Risser a été élu meilleur gardien aux trophées UNFP lundi, au terme d’une cérémonie où le débat a porté autant sur les chiffres que sur les impressions laissées tout au long de la saison. Le portier de 20 ans, pour sa première saison chez les professionnels, a devancé une concurrence incarnée notamment par Hervé Koffi, alors que le titre de meilleur joueur a été remis à Ousmane Dembélé.
Le choix de Risser s’appuie sur une saison solide avec 12 clean sheets et un taux d’arrêts de 55 %, dans un championnat où l’on regarde habituellement de près les gardiens les plus exposés. Koffi, à Angers, a pourtant affiché 10 clean sheets et 70 % d’arrêts, des chiffres qui nourrissent forcément la discussion sur la valeur comparée des prestations. La distinction intervient aussi dans un moment où le RC Lens a déjà sécurisé sa qualification pour la Ligue des champions, ce qui donne du relief à l’exercice collectif d’un club qui peut encore viser un premier titre en Coupe de France le 22 mai contre Nice.
Ce contexte explique pourquoi les trophées UNFP donnent souvent lieu à des lectures différentes selon qu’on privilégie les statistiques brutes ou des critères plus subjectifs. Pour Risser, l’argument de la saison complète pèse lourd: un premier exercice professionnel, 12 matches sans encaisser, et une présence qui a accompagné la montée en puissance du RC Lens sur l’ensemble de l’année.
Le débat n’a pas concerné que le poste de gardien. Dembélé, récompensé comme meilleur joueur, a reconnu au moment de recevoir son trophée que “trois ou quatre joueurs auraient pu gagner”, citant notamment Vitinha et Nuno Mendes parmi les nommés. Il a aussi expliqué que les regards avaient changé depuis qu’il porte le statut de Ballon d’Or en titre. “J’ai eu pas mal de pépins physiques mais à chaque fois que je suis sur le terrain j’ai essayé de répondre présent”, a-t-il dit, ajoutant qu’il ne savait pas si ce statut “compte double”, mais que le vote des joueurs lui faisait plaisir.
Là encore, la récompense raconte autant une saison qu’une hiérarchie. Dembélé a avancé ses 10 buts, 5 passes décisives, 9 titularisations et 960 minutes de jeu pour convaincre les votants, tout en admettant que son nom seul changeait la manière dont il était perçu. Pour Risser, c’est le contraire qui s’est joué: un premier passage au plus haut niveau, des statistiques qui ne dominent pas toutes les autres, mais un ensemble jugé suffisant pour emporter le trophée. La saison du RC Lens, déjà validée par une place en Ligue des champions, donne à ce choix une portée supplémentaire. Et le 22 mai, face à Nice, le club peut encore transformer cette année en véritable ligne de palmarès.

