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Agence Internationale De L'énergie alerte sur un marché pétrolier en déficit

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L’Agence internationale de l’énergie a prévenu mercredi que les pertes croissantes d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz épuisent les stocks mondiaux de pétrole à un rythme record, plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans son rapport mensuel sur les marchés pétroliers, l’agence a dit voir poindre un marché en déficit pour des mois, avec des prix appelés à rester volatils à l’approche de la période de pointe estivale des vacances.

Le signal le plus net tient dans les chiffres. Les stocks mondiaux observés ont fondu de 250 millions de barils sur mars et avril, soit un rythme de 4 millions de barils par jour selon l’AIE. L’agence estime qu’en partant du scénario optimiste d’une reprise progressive des flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz à partir de juin, la demande pourrait renouer avec la croissance vers la fin de l’année, mais l’offre devrait se redresser plus lentement. Elle prévoit ainsi que le marché pétrolier restera en déficit jusqu’au dernier trimestre de l’année.

Cette projection place le choc bien au-delà d’un simple épisode de nervosité sur les cours. Selon l’analyse de l’AIE, la demande mondiale de pétrole pourrait dépasser l’offre pour un impact cumulatif de 900 millions de barils depuis fin février jusqu’en septembre. Une partie de ce trou serait comblée par la libération progressive de 426 millions de barils issus des stocks stratégiques des 32 pays membres de l’agence, une mesure annoncée en mars et décrite comme sans précédent. Mais même après ce puisage, il resterait 500 millions de barils à résorber par les stocks de l’industrie, des réductions de la demande, une augmentation de l’offre ou un mélange des trois.

Le rapport ajoute que la diminution rapide des réserves dans un contexte de perturbations persistantes pourrait annoncer de futures flambées de prix. , qui a réagi aux chiffres, a jugé la situation « extrêmement inquiétante ». « Nous avons déjà perdu un milliard de barils de réserves », a-t-il dit, avant d’ajouter qu’« il nous en reste moins de la moitié avant d’atteindre les niveaux opérationnels minimums ».

La crise part de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l’offensive des et d’Israël contre l’Iran. Depuis, le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz paralyse environ 20% du commerce mondial de gaz et de pétrole, selon le texte de référence de l’AIE, qui décrit ce passage comme un point névralgique du marché mondial. C’est là que se joue désormais l’équilibre entre l’offre, des stocks qui s’amenuisent et une demande qui ne faiblit pas assez vite.

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