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Accord De Libre-échange Entre Le Mercosur Et L'union Européenne: le débat s'envenime

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L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur est entré en application de manière provisoire le 1er mai 2026, au moment même où son avenir juridique reste contesté. Signé le 17 janvier 2026 à Asuncion après vingt-cinq ans de négociation, le texte avance alors que la Cour de justice de l’UE a été saisie en janvier et que le n’avait pas encore voté.

Pour la , l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne doit ouvrir d’un coup un espace économique de plus de 700 millions de personnes. Elle affirme qu’il « supprimera ou réduira considérablement les droits de douane sur les principales exportations de l'UE, telles que les voitures, les produits pharmaceutiques, le vin, les spiritueux et l'huile d'olive, créant ainsi immédiatement de nouvelles opportunités pour les entreprises de l'UE dans l'une des plus grandes zones commerciales du monde ». Bruxelles dit aussi que les exportations agroalimentaires européennes vers la région pourraient augmenter de 50% et que les agriculteurs profiteront de l’extinction des droits de douane.

Mais une étude publiée le 28 avril 2026 par le collectif décrit un tableau bien plus sombre. Rédigée par et , deux anciens économistes de la , elle estime que l’UE ne gagnerait que peu ou pas de croissance, tout en pouvant subir, une fois l’accord pleinement mis en œuvre, un transfert annuel allant jusqu’à 60 milliards d'euros des salaires vers les profits des entreprises. Les auteurs affirment aussi que des milliers d’exploitations pourraient être plongées dans une situation de vulnérabilité économique.

Cette lecture critique tranche avec la version de la Commission, qui présente le texte comme un instrument d’ouverture commerciale et de compétitivité. Le contraste est d’autant plus net que l’accord avait déjà suscité de vives oppositions, surtout chez les agriculteurs, avant même son entrée en application provisoire. Le dossier reste désormais suspendu à la suite donnée par les juges européens et au vote du Parlement, deux étapes qui peuvent encore peser sur la portée politique du texte.

Au fond, le 1er mai 2026 n’a pas clos le débat; il l’a rendu plus concret. L’accord circule déjà dans les circuits commerciaux, mais sa légitimité politique et ses effets sur l’agriculture européenne continuent de se jouer en parallèle, entre promesse d’ouverture et crainte de concentration accrue des terres au profit des grandes entreprises agroalimentaires.

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