Igor Arrieta a remporté mercredi la cinquième étape du Giro d'Italia à Potenza au terme d'une journée chaotique, marquée par des chutes, des écarts de route et une reprise de contact dans les tout derniers mètres. Le coureur de UAE Team Emirates a devancé Afonso Eulálio dans les 100 derniers mètres après avoir failli tout perdre à deux kilomètres de l'arrivée.
Arrieta et Eulálio avaient animé une longue échappée à deux. Arrieta a d'abord porté l'effort en solitaire à partir de 63 kilomètres de la ligne, avant que le Portugais ne revienne sur lui plus tard. Le scénario a basculé sur chaussée mouillée à 13 kilomètres de l'arrivée, lorsque l'Espagnol est tombé, puis Eulálio a chuté à son tour sept kilomètres plus loin après avoir poursuivi seul. Les deux hommes se sont finalement retrouvés dans les derniers kilomètres et ont continué ensemble vers Potenza, avant qu'Arrieta ne s'écarte légèrement de la trajectoire près de deux kilomètres de la ligne en cherchant à éviter un regard d'égout. Il a néanmoins recollé à Eulálio puis l'a battu au sprint.
Cette victoire a une portée particulière pour Arrieta: c'est son premier succès dans un Grand Tour et seulement sa deuxième victoire chez les professionnels au plus haut niveau. Le coureur espagnol a aussi mis fin à une attente de 733 jours sans succès espagnol sur le Giro d'Italia, alors que sa formation avait déjà vu Adam Yates, Jay Vine et Marc Soler quitter la lutte pour le classement après des chutes et des abandons. Dans cette configuration, UAE Team Emirates a basculé vers la chasse aux victoires d'étape, et Arrieta a répondu de la meilleure manière. La journée a duré plus de cinq heures, la première de ce Giro à dépasser cette barre.
À l'arrivée, Arrieta avait du mal à mesurer ce qui venait de se passer. « Je ne sais pas quoi dire ni comment expliquer ce qui vient de se passer », a-t-il dit, avant d'ajouter que ce succès signifiait « énormément » pour lui. Il a aussi rappelé le contexte particulier de sa saison, marquée par sa propre chute et par celles de ses coéquipiers en Bulgarie, une référence à laquelle il a donné un poids très personnel. « J'ai cru jusqu'au bout », a-t-il insisté, expliquant qu'il savait devoir aller au bout après « une étape aussi dure que celle que nous avons faite aujourd'hui ». Quand Eulálio l'a un temps laissé derrière à deux kilomètres de la ligne, il a reconnu avoir pensé que tout était perdu. Mais il a tenu, et Juan Ayuso et lui ont offert à UAE Team Emirates deux victoires consécutives dans le Giro.
Le résultat dit autant la solidité d'Arrieta que l'imprévisibilité de cette étape. Un coureur peut dominer une échappée, tomber, perdre le contact, reprendre, dévier de sa ligne et tout de même finir vainqueur si le tempo, la fatigue et les routes jouent contre tout le monde à la fois. À Potenza, Arrieta a fait exactement cela, et il a transformé une journée de survie en première grande victoire de sa carrière.

