Lecture: Sibyl, le portrait d’une femme tourmentée qui bascule à Stromboli

Sibyl, le portrait d’une femme tourmentée qui bascule à Stromboli

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arrête de voir ses patients pour se consacrer à l’écriture, mais son projet de roman va vite la rattraper de la façon la plus intime qui soit. Psychanalyste fascinée par l’idée de devenir romancière, elle enregistre les séances de , l’une de ses patientes, puis puise dans ces bandes pour nourrir son livre.

Margot, jeune actrice en détresse, demande ensuite à Sibyl de venir à Stromboli. Là-bas, au milieu d’un tournage sur l’île, la psychanalyste se retrouve prise dans un enchevêtrement affectif et professionnel qui la dépasse. Le film met en scène dans le rôle-titre, avec également mentionnée dans la distribution, et dresse le portrait d’une femme tourmentée dont les choix brouillent sans cesse la frontière entre soin, désir et fiction.

Présenté dans le prolongement de , le précédent film de , Sibyl reprend certaines notes de la dramédie, mais s’éloigne du burlesque pour aller vers quelque chose de plus nerveux, de plus instable. Le récit s’appuie sur ce croisement de lignes de vie — une psychanalyste, une aspirante romancière et une actrice dont la vie privée déborde sur sa vie professionnelle — pour installer une tension qui ne doit rien au décor seul et tout à la contamination des rôles.

Ce qui frappe surtout, c’est que le basculement ne vient pas d’un grand événement extérieur, mais du geste initial de Sibyl elle-même: en cessant de recevoir ses patients et en utilisant les séances de Margot, elle choisit d’entrer dans un terrain où l’écoute devient matière littéraire. À Stromboli, cette décision cesse d’être théorique. Elle la place au cœur du désordre qu’elle croyait observer de loin.

Le film tient alors moins du récit de vocation que du piège moral. Sibyl veut écrire, Margot veut être entendue, et le tournage sur Stromboli agit comme un accélérateur où tout ce qui était contenu finit par se mélanger. La réponse à la question que pose le film est là: oui, cette traversée la fait basculer, et ce basculement est précisément ce qui donne à Sibyl sa force, celle d’un portrait de femme en train de perdre le contrôle de l’histoire qu’elle voulait raconter.

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