Álvaro Arbeloa est monté à la tribune mercredi dans la même salle de presse de Valdebebas où Florentino Pérez était apparu moins de 24 heures plus tôt, et il a pris la défense du président du Real Madrid sans détour. Le club traverse une période rare pour lui, avec deux ans sans titres, mais l’ancien défenseur a choisi ce moment pour afficher une loyauté totale au dirigeant qui a annoncé mardi la convocation d’élections et critiqué les médias.
« Tout supporter du Real qui a entendu hier notre président est tout à fait d’accord pour défendre les intérêts de ses socios », a dit Arbeloa, ajoutant que les supporters savent à quel point l’exigence de gagner en permanence fait partie de l’ADN du club. « Si ce club a quelque chose de fort, ce sont ses socios. Personne ne va nous dire comment penser ni comment agir », a-t-il insisté.
L’ancien joueur a aussi replacé Pérez dans l’histoire du club en disant connaître le Real Madrid avant lui et avoir vu ce qu’est devenu l’institution pendant ses 26 années à la tête du club. Pour Arbeloa, Santiago Bernabéu et Pérez sont les deux personnes les plus influentes de l’histoire du Real Madrid. Et si quelqu’un peut renverser la situation actuelle, a-t-il ajouté, c’est bien Pérez lui-même.
Ses déclarations sont intervenues alors que le président avait, la veille, utilisé la même salle pour annoncer des élections internes et répondre aux critiques de certains médias. Arbeloa a ainsi enchaîné la défense du projet sportif avec celle de la position institutionnelle du club, dans un climat où le Real Madrid est observé à travers sa disette de titres et sa bataille publique avec une partie du paysage footballistique espagnol.
Lui a surtout voulu élargir le cadre en évoquant l’affaire Negreira, c’est-à-dire les paiements versés par Barcelone au vice-président des arbitres pendant près de vingt ans. « Nous savons tous ce qui s’est passé pendant plus de vingt ans. Ce qu’on sait... parce qu’il y a sûrement des choses que nous ne savons pas », a-t-il dit, jugeant surprenant que seul le Real Madrid soit présenté comme le défenseur de la légalité dans le football.
Arbeloa a également dénoncé un double standard, rappelant que Madrid reste sans trophée depuis deux ans. « Nous ne pouvons pas nier que nous n’avons pas gagné depuis deux ans. Combien d’équipes sont restées plus de deux ans sans titres ? », a-t-il lancé, avant de répondre à ceux qui parlent d’un point de rupture pour le club. « Il me semble surprenant qu’on dise que nous avons touché le fond. Les autres clubs, ils touchent quoi alors ? »
Le propos était clair: pour lui, le Real Madrid n’est pas au bout du chemin mais au cœur de son propre niveau d’exigence, celui qui l’a toujours poussé à repartir. « Nous ne sommes pas restés 50 ans sans rien gagner. Si le Real Madrid est là où il est, c’est à cause de l’exigence que nous avons et de notre refus de la résignation », a-t-il dit, avant de conclure que le club gagnera à nouveau, comme il l’a toujours fait.

